Comment le Breathwork agit-il sur le corps ?
- 31 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 févr.
La respiration est l’un des gestes les plus simples et les plus puissants qui soient. Au-delà de son rôle vital, elle agit comme un pont direct entre le corps, le système nerveux et la conscience. Lorsqu’on pratique un souffle rythmé et soutenu, suivi de rétentions d’air puis d’un retour en douceur, elle devient un véritable laboratoire intérieur, capable d’éveiller, de clarifier et d’apaiser.

Quand le souffle modifie la chimie du sang
Pendant une pratique intense, nous faisons entrer une grande quantité d’oxygène dans les poumons, puis dans le sang. En même temps, nous expirons davantage de dioxyde de carbone (CO₂). Or ce gaz joue un rôle clé : il aide normalement l’hémoglobine - la protéine qui transporte l’oxygène - à relâcher ce qu’elle transporte vers les cellules.
Quand son taux baisse, le sang devient plus alcalin et l’hémoglobine retient l’oxygène plus fermement : il reste présent dans le sang mais se libère moins facilement vers les muscles, la peau, les organes ou le cerveau. C’est l’inverse de l’effet Bohr classique. Ce mécanisme explique pourquoi une respiration soutenue peut provoquer des picotements, une sensation de chaleur ou de légèreté : l’oxygène est bien là, mais sa disponibilité pour les tissus est momentanément réduite.
L’influence du souffle sur le système nerveux
En parallèle, cette façon de respirer influence directement le système nerveux autonome, qui régule les fonctions vitales comme le rythme cardiaque, la digestion ou la tension musculaire. Les variations de CO₂, de pH et d’oxygène envoient de nouveaux signaux au cerveau ; elles déplacent l’équilibre entre ses branches d’activation et de repos.
Certaines régions, comme le système limbique (lié aux émotions) et le cortex préfrontal (lié à l’attention et à la conscience), ajustent alors leur activité. Le flot des pensées peut ralentir, la perception devenir plus vaste, et des sensations ou images intérieures émerger.
Les rétentions d’air : un pont vers l’apaisement
Après cette phase dynamique, on introduit souvent de courtes rétentions d’air, à poumons pleins. Pendant l’apnée, le diaphragme reste presque immobile, mais la légère augmentation de pression interne et la remontée progressive du CO₂ envoient déjà des signaux calmants au système nerveux.
Le moment clé survient surtout à la reprise du souffle : lorsque la respiration revient, le diaphragme effectue un mouvement ample, et le nerf vague - ce long faisceau reliant le cerveau au cœur, aux poumons et aux organes digestifs - est stimulé, afin qu'un message de détente circule dans tout le corps. Le cœur ralentit, les muscles se relâchent, et une sensation de stabilité intérieure apparaît.
Ce mécanisme permet de passer naturellement d’une activation intense à une phase d’intégration et de repos, tout en conservant la clarté acquise pendant l’exercice.
Le retour à l’équilibre après une session
Après une pratique soutenue, il est essentiel d’accompagner le corps dans son retour au calme. Il suffit de reprendre le souffle doucement par le nez, puis d’allonger progressivement l’expiration, un peu plus longue que l’inspiration.
Après quelques respirations, on relâche tout contrôle et on observe le souffle retrouver sa cadence spontanée. Rester ensuite immobile quelques minutes, boire un peu d’eau, bouger lentement, aide le corps à stabiliser ce qui a été vécu.
Ce déroulé complet - activation, rétentions, puis retour paisible - transforme la respiration en un véritable laboratoire intérieur : il mobilise l’énergie, ouvre la conscience, puis ramène à un calme clair et ancré. Pratiqué avec attention et dans un cadre sécurisé, le Breathwork devient un outil précieux pour explorer et harmoniser ses états de corps et d’esprit.





